Une rencontre et une leçon de vie

Nicole à 8 ans  avait un rêve: « celui d’accompagner Mère Thérésa, pour fermer les yeux des mourants sur les trottoirs de Calcutta. Aujourd’hui son rêve est « d’éveiller les vivants à la pleine conscience, et de leur donner envie de trouver le « chemin de leur âme ».

C’est une des raisons pour lesquelles, Nicole a accepté avec beaucoup d’humilité et de conviction de me confier son vécu dans les « couloirs de la dépression ». En effet, ayant vécue la dite maladie de ce siècle, elle désire à travers son témoignage, transmettre espoir et espérance, et ainsi aider d’autres personnes, qui hélas expérimentent ce difficile parcours du combattant résultant que trop souvent de blessures cachées ou occultées, qui démontrent beaucoup de nos attitudes. Le récit de Nicole vous donnera la preuve que dans sa dépression se cachait un « cadeau ». Cadeau à recevoir, à condition de rendre ses souffrances plus visibles à soi, plus ressenties, afin qu’elles conduisent à une véritable libération du cœur.

A savoir que Nicole est la 7ème enfant d’une fratrie de 11. C’est une petite fille très sage, qui a pour seul objectif d’obtenir un peu d’amour des siens, non pas parce qu’on ne lui en donne pas, mais parce qu’elle croît qu’on ne la voit pas, ou pas assez à ses yeux d’enfant. Peut être est ce pour cela qu’elle souhaitait tant depuis sons plus jeune âge rejoindre mère Thérésa ; en attendant, elle deviendra la petite cendrillon de la famille, cirera les chaussures de toute la tribu, s’occupera des tâches ménagères, préparera le café pour mère et grand-mère, sera toujours bien sage, ne fera jamais de bruit, et semblera ne jamais avoir besoin de rien. En vérité, la petite Nicole se sait que faire pour être vue.

Les années passants, Nicole se dirige vers des études d’infirmière et se spécialise en psychiatrie. Très vite elle se marie, a des enfants, un travail.

Sa première « folie douce » lui prend à la naissance de sa 2ème fille: elle est prise par une « excitation verbale », et répète sans cesse : « mais quel est ce vent de folie qui souffle dans cette maison. »  A ce moment là Nicole ressent une dysharmonie, un grand mal, mais elle n’a pas pour autant conscience des prémisses de la maladie qui veille. Son travail, ses enfants à élever, sa maison à tenir, toutes ses responsabilités la maintiennent dans un état de tension élevée, inconsciente du danger qui la guette. Responsable, elle avance ainsi tant bien que mal en s’efforçant de rester axé sur le présent. Une assistante sociale qui a repéré ses difficultés lui dit: « vous savez Nicole, quand on en fait trop, un jour, on craque, et on fait une dépression ! ». En effet à 35 ans  déjà maman de 4 enfants,  assumant à plein temps son métier d’infirmière, elle alla jusqu’à continuer son travail sans interruption jusqu’au jour de l’accouchement de son 5eme enfant. Là,  à bout de fatigue, elle craque, perd pied, et fait sa première dépression. Elle est alors diagnostiquée « maniaco-dépressive, car il faut bien donner un nom », étiquette que Nicole assume pleinement aujourd’hui. C’est le contact avec le monde extérieur qui lui fait prendre conscience de son problème. Alors qu’elle est au plus mal et veut en finir, elle se souvient de la parole d’un maton de prison, collègue du moment : «vous savez, je me suis sorti d’une dépression grâce à l’acuponcture ». Elle décroche Immédiatement le téléphone et prend rendez-vous pour une séance d’acuponcture. Elle en ressent tout de suite les bienfaits : elle passe dès les premiers soins d’un état d’agitation verbale à un état de relaxation profonde. Nicole est convaincue et rassurée, ce qui l’encourage à poursuivre cette méthode. Une autre parole a sauvé Nicole, celle d’un médecin, qui lui affirme que la méthode Vittoz est tout à fait indiquée dans son cas. Parallèlement, elle effectue des séances de rééducation de contrôle cérébral, tout en continuant ses séances d’acuponcture.

Ainsi, grâce à l’acuponcture et à la pratique de la méthode Vittoz, Nicole retrouve un rééquilibre apprend  à vivre au présent, à ralentir son rythme et  à se donner le droit d’exister.

Mais hélas, Nicole devra faire encore 3 autres dépressions ; une à la mort de son mari, une à la mort de sa belle-mère, puis une dernière liée à un grand stress associé à un problème thyroïdien. Suite à cette dernière, elle sera hospitalisée d’urgence à l’hôpital psychiatrique pour s’être confié à un ami de ses envies suicidaires. Elle y séjournera 2 mois. Plus tard, Nicole, toujours à la recherche de se sortir d’un tel mal être prendra conscience que la marche et la méditation sont d’excellents moyens pour aller de mieux en mieux.

Aujourd’hui, Nicole ayant appris qu’à tout mal il y a un bien, aussi fou que cela puisse paraître remercie sa douloureuse expérience de la dépression. En effet, puisque celle-ci lui a permis une nouvelle orientation dans son travail. Dès lors, elle se dirige vers d’autres méthodes thérapeutiques, dites « médecines douces », s’intéresse à l’acuponcture, apprend la méthode du Docteur VITTOZ et devient praticienne en VITTOZ. Grâce à son expérience professionnelle, et personnelle, Il est vrai qu’il n’y a rien de mieux que le vécu pour comprendre les autres. Elle peut enfin  ouvrir son cabinet de thérapeute, et  pratique à ce jour, différentes méthodes de soins : méthode VITTOZ, EMDR, Réflexologie, Massage, Danse thérapie…

Quelle leçon ! De toutes ses souffrances, Nicole réussit à  en faire une force ! Et aujourd’hui, à 66 ans, elle part aux Inde, réaliser le rêve de ses 8 ans, mais ayant un autre objectif : celui d’ouvrir les yeux des vivants à une nouvelle conscience, et de leur donner envie de trouver le « chemin de leur âme »

Cet objectif la rend plus rayonnante que jamais.

Le Défi Foly : un miraculé ou une force de vie hors du commun

Jérôme a vingt ans lorsque son crâne heurte de plein fouet le tremplin qui propulse les participants du Défi Foly dans le lac des confins. C’est à celui qui réalisera en ski, monoski, ou snowboard la plus belle figure dans les airs, avant d’amerrir dans le lac de La Clusaz.

C’est la deuxième année que Jérôme participe au Défi Foly. Il est sélectionné en final pour avoir effectué l’exploit de deux saltos et demi à ski.

C’est la dernière épreuve, Jérôme se surpasse, donne tout ce qu’il a et réalise un triple saut périlleux arrière, mais alors qu’il est projeté dans les airs, le tremplin cède et s’affaisse ; la tête de Jérôme heurte violement le tremplin lorsqu’il retombe dans le lac.

Il est immédiatement évacué en hélicoptère au CHU de Genève après avoir perdu connaissance et vomi plusieurs fois dans le lac. Jérôme fera deux arrêts cardiaques dans l’hélicoptère avant de se réveiller deux semaines plus tard aux soins intensifs à Genève. Le pronostic vital est engagé.

Son casque intégral de moto ne l’aura pas protégé, Jérôme est dans un état critique : un ématome de 6 cm de long et 3 de large s’est logé dans son cerveau. Il ne se résorbera pas. Le verdict tombe : Jérôme est atteint d’une totale hémiplégie gauche.

Jérôme est d’un tempérament fougueux, impétueux, avide de sensations fortes, il est alors en deuxième année de DUT, le 10ème de sa promo, et promis à une école d’ingénieur avec l’ambition assurée de devenir pilote de l’air. La gente féminine ne semble pas insensible à son genre, bref, tout lui réussit.

A son réveil il est en état de choc, désemparé : la totalité de son côté gauche ne bouge pas. Etourdi par les médicaments et les calmants, le crâne rasé et appareillé par des tuyaux et autres instruments de surveillance médicale, Jérôme réalise tant bien que mal qu’une grande partie de son cerveau est endommagé. Les médecins lui confirment la gravité des dégâts, et peu confiants pour la suite, lui infligent à contre coeur un fauteuil roulant. Une rééducation très longue attend Jérôme ; les médecins l’évaluent timidement à plus d’un an. Jérôme rejette violement le chariot et traite les médecins de fous. Malgré son piteux état, une force de vie incroyable perdure en Jérôme et lui confère avec certitude qu’il va s’en sortir.

Après un mois de soins au CHU de Genève, Jérôme est transféré à la Clinique de Sancellemoz pour la suite de la rééducation. Un combat sans relâche est lancé, il doit tout réapprendre à faire les choses du côté gauche..

C’est à son arrivée là-bas que Jérôme va découvrir pour la première fois son visage depuis l’accident. Alors que les ambulanciers avancent sa chaise roulante dans l’élévateur, il se retrouve bien malgré lui face au miroir de l’ascenseur. Brutalement, il prend conscience de son image : tout le dessus de son crâne est rasé, un tuyau est planté dans sa tête. Jérôme reste interdit, figé face à un ce sordide « spectacle » ; un profond malaise l’envahit soudainement.

Mais, Jérôme continue à se battre, et chaque jour il affronte son mal avec courage et détermination, et parvient pas à pas, effort après effort, à faire progresser son état.

Heureusement, Jérôme est bien entouré, de nombreux amis et personnes de sa famille viennent à tour de rôle lui rendre visite, et tenter de lui remonter le moral. Chaque jour une visite différente, une carte, un petit mot pour le réconforter, Jérôme s’accroche, mais le soir, seul dans sa chambre il pleure et cogite. Il doute de sa normalité, il ne sait pas si les gens sont naturels ou si chacun fait des efforts pour le préserver. Il n’en parle à personne mais il ne sait pas trop où il en est. Les lésions cérébrales de son cerveau semblent lui avoir ôté tout discernement : est-ce qu’on lui ment ? Est-ce que son comportement est adéquat ? Le silence, le vide et la peur habitent Jérôme.

Pourtant malgré la souffrance, le doute et la peur, Jérôme se bat.

Jérôme ne le sait pas encore, mais la descente aux enfers n’est pas terminée, il va se retrouvé confronté à un état de fait qui lui est insupportable : d’autres personnes atteintes du même mal que lui sont à la clinique depuis des mois sans aucune évolution. Cette idée inconcevable à ses yeux assombrit profondément le moral de Jérôme.

Pourtant, dès le lendemain matin, il reprend le combat. A chaque mouvement, à chaque répétition, il garde en tête son objectif : la sortie du centre, la guérison. Il doit s’y reprendre à plusieurs fois pour simplement reboutonner sa chemise, faire ces lacets … cet état lui met les nerfs à bloque… Couper sa viande est devenu un non-sens, il renverse son café plusieurs fois car il ne parvient pas à attraper la hanse de la tasse … Mais Jérôme est tenace, et ne laisse pas sa souffrance morale et physique prendre le dessus. Il persévère encore et encore, effectue les mêmes mouvements du côté gauche, inlassablement, continuellement.

Jérôme n’a pas l’autorisation des médecins pour se lever, ils lui ont interdit pour sa sécurité, mais il ne veut rien entendre. Il tente d’aller seul aux toilettes et tombe sur le radiateur. Cette fois c’est l’autre côté de la tête qui est percutée, sans trop de séquelles heureusement. Les médecins ne parviennent pas à le raisonner ni à le calmer. Peu importe Jérôme s’acharne à une rééducation assidue tant et si bien que ce sont les médecins qui doivent s’adapter à son rythme. Au bout d’une semaine Jérôme marche normalement, et au bout de deux semaines il  va courir tous  les matins. Les médecins n’ont jamais vu ça. Il quittera le centre de rééducation au bout de deux mois.

Jérôme n’a jamais vraiment récupéré la totalité de son côté gauche, pourtant cela ne se voit pas,et ne se sait pas.

Ainsi du fait d’une certaine pudeur, j’ai dû beaucoup insister auprès de Jérôme avant qu’il ne veuille bien me livrer son histoire, et s’il a bien voulu partager son expérience c’est uniquement dans le but d’encourager d’autres personnes en proie à la même détresse.

Lorsque Jérôme parle de cette étape de sa vie, il dit en retenir une expérience enrichissante, une sorte de leçon de vie.

Son humilité le laisse encore à ce jour en pleine interrogation face à sa remarquable récupération.

Aujourd’hui, Jérôme a 42 ans, il est toujours aussi battant et profite pleinement de la vie. Il a cependant acquis un peu de sagesse et ne recherche plus le jeu du danger comme avant. Il est commercial, marié à une charmante épouse qui lui a donné deux beaux enfants. Ils sont la joie de vivre de Jérôme, et compensent largement toutes les frustrations et renoncements auxquels Jérôme a dû faire face.